Consacré à l’imagerie populaire alsacienne du XVIIe au XIXe siècle, le Musée de l’image populaire de Pfaffenhoffen a pour objectif, dans le cadre de ses expositions temporaires, de s’ouvrir aux artistes contemporains qui, en revisitant une forme d’art traditionnel voire populaire, s’inscrivent dans la continuité d’un héritage culturel.

A la fois témoin du passé et acteur de son époque, le Musée de l’image populaire se veut résolument ouvert.

Haïga, poèmes calligraphiés

En ce sens le Musée consacrera une exposition à la calligraphie et la peinture japonaise du 29 mars au 31 octobre 2003. Seront présentés des Haïga, poèmes calligraphiés par Manda artiste peintre française vivant en Alsace, ainsi que les calligraphies de Yuuko Suzuki, artiste japonaise établie à Paris.

Formées auprès de grands maîtres japonais, ces deux artistes aux parcours internationaux présenteront au public du Musée de l’image populaire ces arts traditionnels japonais.

Shodô, l’art de la calligraphie

Introduit au VIe siècle au Japon, l’art de la calligraphie, ou Shodô, y est aujourd’hui très en vogue. On le pratique à tout âge : les enfants se présentent aux concours organisés dans le cadre scolaire, tandis que les adultes soumettent leurs œuvres au jury intransigeant du grand quotidien « Mainichi Shinbun ».

Partie intégrante de la culture traditionnelle japonaise, cette discipline spirituelle et artistique privilégie la maîtrise du geste dont une élégance désinvolte n’est toutefois pas exclue. Faisant appel à la créativité individuelle, la calligraphie classique, qui représente un idéogramme (kanji) ou un texte, a parfois évolué vers des représentations abstraites dans lesquelles le kanji s’éloigne de sa signification.

(JPEG) C’est dans cet esprit que Yuuko Suzuki réalise « des calligraphies classiques mais aussi contemporaines originales qui reflètent ses propres recherches ».

Présentées lors de cette exposition, ses calligraphies aux sujets poétiques côtoieront les Haïga (poésies calligraphiées et illustrées) de Manda qui confirme que « symbiose de l’image et de l’écrit, la calligraphie fait immanquablement appel à la poésie (...) ».

Constitué d’un haïku calligraphié, poème court de 17 syllabes distribuées en 3 vers de respectivement 5-7-5 pieds, et d’une peinture collant au texte ou le paraphrasant librement, le haïga évoque les saisons et la beauté de la nature. Il fait appel à un vocabulaire descriptif, mais qui, éveillant des raisonnances infinies à partir d’une vision simple de la réalité, effleure toujours le degré de la suggestion.

Pratiqué dès le XVIIe siècle, cet art a véritablement pris son essor au cours du XVIIIe siècle ; il est aujourd’hui encore très populaire au Japon.

Manda, qui « ressent aujourd’hui le besoin de partager avec un public français la dérision, l’humour, le raffinement et l’apaisement qu’offre l’essence de la poésie japonaise » présentera ses Haïga ainsi que quelques uns de son maître Masa-Oki Yamada, lors de cette exposition.

Mêlant peinture et écriture, éléments décoratifs et calligraphie, ces arts traditionnels japonais rappellent, par leur contenu, les images souvenirs (souhaits de baptême, images d’amour ou encore souvenirs de mariage) exposées de façon permanente au Musée de l’image populaire et dont le texte était calligraphié et les décorations peintes à la main.

Toutefois, l’approche orientale de la calligraphie et des Haïga induit des concepts différents de ceux rencontrés en Occident. Techniques, contenus, objectifs, répondent à des problématiques propres à chacune des deux cultures.

En s’interrogeant sur les techniques utilisées par les artistes orientaux et occidentaux, en s’attachant au contenu et à la fonction des œuvres, le Musée de l’image populaire fera le lien entre ces arts picturaux traditionnels japonais et l’imagerie populaire alsacienne qu’il présente.

Au sein d’une ambiance poétique et traditionnelle, le public entrera dans l’univers des Haïga et des images souvenirs alsaciennes, de la calligraphie orientale et occidentale.

Cette manifestation sera également l’occasion de découvrir ou redécouvrir le Musée de l’image populaire de Pfaffenhoffen et sa nouvelle muséographie.

En outre, le Musée de l’image populaire organisera des animations mettant en avant les richesses de l’art traditionnel japonais. Le public passera tour à tour du rôle de spectateur à celui d’acteur en assistant à des démonstrations de cérémonies du thé, d’ikebana, et de danse de bon, ainsi qu’en participant à des ateliers de calligraphie, d’origami destinés à tous les âges.

Groupes de jeunes publics et scolaires : dossier pédagogique sur demande (calligraphie, origami, conférences thématiques ...)

-  Adresse du musée : 24 Rue du Docteur Albert Schweitzer PFAFFENHOFFEN
-  Téléphone : (0)3.88.07.80.05